EXPOSITION « Des noms sur des murs » | Paris, Mémorial de la Shoah | 27 mars – 16 septembre 2012

15 mai 2012 § Poster un commentaire

 

Exposition au Mémorial de la Shoah
du 27 mars au 16 septembre 2012

Des noms sur des murs. Les graffiti du camp de Drancy [1941-1944]

La cité de la Muette à Drancy fut le principal camp d’internement et de transit des Juifs de France de 1941 à 1944.

En 2001, elle a été protégée au titre des Monuments historiques en tant que «réalisation architecturale et urbanistique majeure du XXe siècle […] et en raison également de son utilisation durant la Seconde guerre mondiale […] qui en fait aujourd’hui un haut lieu de la mémoire nationale».

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Alexandru Paleologu despre Virgil Mazilescu | 1984

17 janvier 2012 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Virgil Mazilescu : va fi linişte | 2012

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Un vers de Virgil Mazilescu: „vorbeşte limpede şi vei fi mâine stăpânul lumii“. Virgil Mazilescu nu vorbea limpede şi nu a fost niciodată stăpânul lumii. Cu toate acestea, Virgil Mazilescu vorbea foarte limpede şi a fost nu o dată stăpânul lumii. De câte ori îşi recita câte o poezie, el era stăpânul lumii. Nu totdeauna erai dispus să-l asculţi, dar nu era scăpare şi de fiecare dată erai subjugat chiar dacă nu o auzeai pentru prima oară. Avea atunci Virgil Mazilescu o autoritate, o siguranţă absolut suverană. Poezia lui e o poezie de o rară precizie. Deşi, cum spune Eugen Negrici în postfaţa (excelentă) la va fi linişte va fi seară, versurile lui Mazilescu „se opresc mereu şi inexplicabil (ca într-un lapsus intermitent) ori (se) suspendă agăţate de cele mai neaşteptate părţi de propoziţie sau de cuvânt“, ele sunt definitive, irevocabile, stăpânitoare. Niciun cuvânt nu mai poate fi dislocat, nicio repetiţie, niciun clişeu verbal nu e fără rost ori de prisos; „am prevăzut totul până în cele mai mici amănunte“.

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Dan Sluşanschi – „Şcoala minţii ne-a ţinut mereu deschisă poarta sufletului“ | 2008

15 janvier 2012 § 2 Commentaires

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© Luiza Palanciuc | Dan Sluşanschi : traces hors-piste | 2012

© Luiza Palanciuc | Dan Sluşanschi : traces hors-piste | 2012

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Longtemps, nous sommes allés l’écouter comme si nous allions écouter l’oracle. Point de raideur, pour autant, ni ankylose d’esprit, ni injonctions scolaires. Mais une sagacité débonnaire, paternelle, quelquefois attendrie à nous voir – trois-quatre pèlerins, par un froid de canard, à huit heures du matin, dans cette salle obscure du troisième étage – désireux de peaufiner notre grec ou notre latin. Et nulle disjonction entre le geste de transmettre et celui d’ouvrir : les chemins du savoir, les passages du cœur, en une étreinte amoureuse. Aujourd’hui, toutes ces traces hors-piste nous manquent. Douloureusement.

Luiza Palanciuc

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Benjamin Fondane – Autoportrait | «N’est-il rien qui pût nous apaiser?» | Autoportret | Nimic nu-i, oare, să ne-aducă alinare?“ | 1943

19 décembre 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | série «Un homme parmi les autres» | 2008

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N’est-il rien qui pût nous apaiser?
un peu de neige aux lèvres des étoiles,
un peu de mort donnée en un baiser?

Moi-même dans tout ça – Qui donc – moi-même?
Fondane (Benjamin) Navigateur –
Il traverse à pied pays, poèmes,

le tourbillon énorme d’hommes morts
penchés sur leur journal. La fin du monde
le retrouva, assis, dans le vieux port * –
| jouant aux sorts * |.

Regarde-toi, Fondane Benjamin –
dans une glace. Les paupières lourdes.
Un homme parmi d’autres. Mort de faim.

                                         1943

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Nichita Stănescu – Parmenide

13 décembre 2011 § Poster un commentaire

 

„...Ochii îmi erau numai pentru vedere...“

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Se dedică Domnului Mihai Şora

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Atunci şi numai atunci când a apărut natura
au apărut şi lucrurile.
Vai mie, ochii îmi erau numai pentru vedere,
urechile numai pentru auz,
creierul meu gravid de un cuvânt
încă nu născuse,
iar cât despre înţelesul cuvântului –
în jurul meu era o tăcere
atât de absorbitoare:
ca mirosul dulceag al unui copil mort.

Vai mie,
vai mie,
dar mai ales vai celui
care m-a făcut să înţeleg
înţelesul.

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  • Text : Nichita Stănescu, „Parmenide“ (circa 1980)
  • Crochiu : Luiza Palanciuc

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Roumanie, mon balluchon

1 décembre 2011 § 2 Commentaires

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© Luiza Palanciuc | Roumanie, mon balluchon | 2011

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Le silence de Toca – IN MEMORIAM Alexandru Tocilescu

30 novembre 2011 § 1 commentaire

Le silence de Toca

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IN MEMORIAM ALEXANDRU TOCILESCU

| metteur en scène ■ 1946 – 2011 |

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Luiza Palanciuc – Johnny Răducanu: Unfinished Work | 2011

10 octobre 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Johnny Răducanu: Unfinished Work | 2011

 

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Johnny Răducanu s’est éteint le 19 septembre 2011. Trop tôt pour que le vœu que nous avions formulé ensemble – celui d’entendre sa composition pour Fondane – puisse être un jour exhaussé. De ce vœu, nous gardons, à présent, les manuscrits, les ébauches et un tas de souvenirs des mots échangés et réflexions menées sur la façon dont les textes de Fondane pourraient s’articuler en musique. Pour Johnny Răducanu, fin interprète lui-même et prodigieux improvisateur au piano et à la contrebasse, la composition devait prendre la forme d’un ensemble cyclique. Cela voulait dire être attentif aux incidences du mode d’énonciation musicale spécifique qu’est le jazz sur la construction du rapport texte-musique. Dans un système tonal, il fallait que la continuité musicale eût été fondée sur l’opposition tonique dominante, autrement dit sur une syntaxe «codée», due aux attentes créées par la dominante, aux mises en suspens de la résorption de la tension et à l’effet (d’accomplissement) que procure la tonique. Autant de contraintes formelles exigeant le respect de certaines «lois» dans la composition. Point d’irrégularité donc de la structure musicale, mais une tension constitutive de la relation texte-musique ou, en d’autres termes : une technique compositionnelle dans laquelle le texte viendrait répondre à une nécessité musicale. Texte et musique articulés sur le mode d’une relation cohérente, où les moyens d’être-en-présence que le texte et la musique pouvaient actualiser engendrent chez l’auditeur l’impression d’un lien consubstantiel : texte et musique avec un horizon référentiel commun.

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 (à suivre)

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■ Hommage à Martha Argerich ■

5 juin 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Martha | 2011

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■ Omaggio a Gérard de Nerval ■

5 juin 2011 § Poster un commentaire

© Armel Guerne | Nerval |

 
 
 
Io sono il Tenebroso, – Vedovo, – Inconsolato,
Il Prence d’Aquitania dalla Torre abolita:
L’unica Stella è morta, – e il mio Liuto stellato
Il Sole Nero della Malinconia addita.
 
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■ Ion Zubaşcu – in memoriam ■

30 mai 2011 § 2 Commentaires

© Luiza Palanciuc | in memoriam Ion Zubaşcu (1948-2011)

Ion Zubaşcu (1948-2011)

Chant Premier

| extrait traduit du roumain |

Je me trouve en perpétuel état de disponibilité. Durant des journées entières, devant mes enfants (au fait : j’aurais aimé avoir tous les enfants qu’un couple d’humains peut avoir dans une vie), je me glisse dans un rôle ou dans un autre, je me surprends commencer à jouer ce rôle, j’attrape au vol toutes sortes d’ondes, par je ne sais quelles antennes de cet appareil psychotronique que je suis.

J’ai appris tout seul à jouer de la plupart des instruments de musique, je m’en suis bricolé de nouveaux, sur lesquels j’ai fait exercer mes doigts de pied jusqu’à ce qu’ils soient aussi souples et mobiles que ceux des mains. J’ai ravivé le sens assoupi de mon odorat. Un été, pendant l’adolescence, je me suis retiré dans les montagnes de Tiblès et – avec quelques plantes et des fleurs sauvages aux parfums différents, pour chaque note musicale – je me suis faite une flûte de pan ; ainsi je courais dans les vallées, jouant de ma flûte, enivré par la musique des senteurs. Lorsque je suis redescendu à Dragomiresti, je ne supportais plus personne à mes côtés, pas même ma mère ou ma sœur Ileana.

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■ E. M. Cioran – fêlure ■

27 mai 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Cioran : fêlure | 2011

Tout à coup, je me trouvai seul devant… Je sentis, en cet après-midi de mon enfance, qu’un événement très grave venait de se produire. Ce fut mon premier éveil, le premier indice, le signe avant-coureur de la conscience. Jusqu’alors je n’avais été qu’un être. À partir de ce moment, j’étais plus et moins que cela. Chaque moi commence par une fêlure et une révélation.

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  • Texte : E. M. Cioran, De l’inconvénient d’être né (extrait), Paris, Éditions Gallimard, 1973, p. 245.
  • Image : Luiza Palanciuc, Cioran : fêlure, 2011.

■ E. M. Cioran – Hamlet ■

27 mai 2011 § 1 commentaire

© Luiza Palanciuc | Cioran : (en) Hamlet | 2011

Durant les longues nuits des cavernes, des Hamlets en quantité devaient monologuer sans cesse, car il est  permis de supposer que l’apogée du tourment métaphysique se situe bien avant cette fadeur universelle, consécutive à l’avènement de la Philosophie.

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  • Texte : E. M. Cioran, De l’inconvénient d’être né (extrait), Paris, Éditions Gallimard, 1973, p. 30.
  • Image : Luiza Palanciuc, Cioran : (en) Hamlet, 2011.

■ E. M. Cioran – froid ■

25 mai 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Cioran : froid | 2011

J’étais en parfaite santé, j’allais mieux que jamais. Tout à coup, un froid me saisit pour lequel il me parut évident qu’il n’y avait pas de remède. Que m’arrivait-il ? Ce n’était pourtant pas la première fois qu’une telle sensation me submergeait. Mais auparavant je la supportais sans essayer de la comprendre. Cette fois-ci, je voulais savoir, et tout de suite. J’écartai hypothèse après hypothèse : il ne pouvait être question de maladie. Pas ombre d’un symptôme auquel m’accrocher. Que faire ? J’étais en pleine déroute, incapable de trouver ne serait-ce qu’un simulacre d’explication, lorsque l’idée me vint – et ce fut un vrai soulagement – qu’il ne s’agissait là que d’une version du grand, de l’ultime froid, que c’était lui simplement qui s’exerçait, qui faisait une répétition…

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  • Texte : E. M. Cioran, De l’inconvénient d’être né (extrait), Paris, Éditions Gallimard, 1973, p. 225-226.
  • Image : Luiza Palanciuc, Cioran : froid, 2011.

■ E. M. Cioran – éboulement ■

24 mai 2011 § 4 Commentaires

© Luiza Palanciuc | Cioran : éboulement | 2011

La «prière ininterrompue», telle que l’ont préconisée les hésychastes, je ne pourrais m’y élever, lors même que je perdrais la raison. De la piété je ne comprends que les débordements, les excès suspects, et l’ascèse ne me retiendrait pas un instant si on n’y rencontrait toutes ces choses qui sont le partage du mauvais moine: indolence, gloutonnerie, goût de la désolation, avidité et aversion du monde, tiraillement entre tragédie et équivoque, espoir d’un éboulement intérieur…

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  • Texte : E. M. Cioran, De l’inconvénient d’être né (extrait), Paris, Éditions Gallimard, 1973, p. 181.
  • Image : Luiza Palanciuc, Cioran : éboulement, technique mixte (encre de Chine et montage numérique), 20 x 30 cm., 2011.

■ From Dada to Surrealism | exhibition | 1 June – 2 October 2011 ■

22 mai 2011 § 3 Commentaires

Prochainement, au Pays-Bas, l’ouverture d’une exposition sur l’avant-garde juive roumaine.

Commissaire de l’exposition : Radu Stern, auteur, entre autres, du livre Against Fashion: Clothing As Art, 1850-1930, paru aux MIT Press, en 2004.

Détails et présentation de l’exposition, sur le site du Musée historique juif.

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■ Retirada | España | 1939 ■

5 février 2011 § Poster un commentaire

Retirada | España | 1939

 

Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.

 

Antonio Machado, Se hace camino al andar, Chant XXIX, Proverbios y cantarès, Campos de Castilla, 1917.

■ FONDANE vu par Gabriela Creţu ■

15 novembre 2010 § 2 Commentaires

 

 

Benjamin Fondane vu par Gabriela Creţu
|bronze, cca. 14 cm., Bucarest, collection de l’artiste, automne 2010|

 

 

 

FONDANE VU PAR… – un programme initié et coordonné par Luiza Palanciuc et Mihai Şora, avec le soutien moral de : l’Union des Artistes Plasticiens de Roumanie, Emil Stratan, les Éditions Eis Art et les Galeries Eleusis (Jassy).

 

 

 



■ FONDANE vu par Ioan Ladea ■

15 novembre 2010 § Poster un commentaire

  

 

 

Benjamin Fondane vu par Ioan Ladea
|buste en glaise, cca. 80 cm., Bucarest, atelier de l’artiste, février 2010|

 

FONDANE VU PAR… – un programme initié et coordonné par Luiza Palanciuc et Mihai Şora, avec le soutien moral de : l’Union des Artistes Plasticiens de Roumanie, Emil Stratan, les Éditions Eis Art et les Galeries Eleusis (Jassy).

 

 

■ Fondane la Institutul Cultural Român | Marţi, 8 decembrie 2009 ■

2 décembre 2009 § Poster un commentaire

Benjamin Fondane

un alt existenţialism 

Dezbatere, lansare şi film

la

Institutul Cultural Român

Marţi, 8 decembrie 2009, de la ora 18.00, la Institutul Cultural Român (Aleea Alexandru, nr. 38, Bucureşti) va avea loc o întâlnire consacrată poetului şi filosofului B. Fundoianu / Benjamin Fondane.

Intitulat Benjamin Fondane – un alt existenţialism, evenimentul face parte din programul Restitutio Benjamin Fondane, dedicat traducerii în limba română şi punerii în circulaţie a patrimoniului intelectual şi moral lăsat de Fondane.

Vor participa Mihai Şora, Radu Bercea şi Luiza Palanciuc.

Dezbaterea din cadrul întâlnirii va viza, alături de dimensiunea originală a existenţialismului fondanian, aspecte concrete ale editării operei în limba română. Va fi urmată de lansarea primului număr al revistei Academia de Poezie, în prezenţa câtorva dintre autorii semnatari şi a fondatorului revistei, Emil Stratan. Seara se va încheia cu proiecţia filmului Super abyssa sedimus (texte: Benjamin Fondane, imagini: Alain Maison, realizare şi montaj: Luiza Palanciuc)

B. Fundoianu / Benjamin Fondane s-a născut la Iaşi, pe 14 noiembrie 1898. A publicat poeme şi traduceri în periodice româneşti şi evreieşti, semnând B. Fundoianu, după toponimul Fundoaia, localitatea de provenienţă a tatălui. Cărţile scrise şi publicate în limba română vor apărea sub acest pseudonim. În decembrie 1923, emigrează în Franţa, unde este în continuare prezent în cercurile avangardiste. Opera în limba franceză va fi publicată doar parţial în timpul vieţii. În martie 1944, ca urmare a unui denunţ, este arestat, împreună cu sora sa, Lina, şi închis în lagărul de la Drancy. Câţiva prieteni obţin eliberarea lui Fondane, care însă nu acceptă să părăsească lagărul fără Lina. La 30 mai 1944, sunt deportaţi împreună la Auschwitz. Fondane va fi gazat în octombrie 1944.

„Există, la B. Fundoianu/Benjamin Fondane, un ireductibil uman, pe care atât filosofia, cât şi poezia sa îl articulează febril şi tensionat, cu un excepţional simţ al premoniţiei. Fondane se află în căutarea esenţei înseşi a existentului, acea differentia specifica prin care fiinţa umană scapă oricărei teorii (sau teoretizări), depăşind tendinţele logocentrice, strict retorice. Tocmai această differentia specifica înseamnă participarea la realitate; din ea, precum şi din întâlnirea cu Lev Şestov, va lua naştere gândirea existenţială a poetului şi filosofului Benjamin Fondane: sub semnul fulguranţei, al disperării şi al revoltei unui om aflat în neostoită zbatere interioară; răspunzând unui principiu autentic, anume: orice efort de a gândi fiinţa umană trebuie să aibă ca referent unic existentul însuşi, în concreteţea lui, nu o abstracţie ipostaziată.“ (Luiza Palanciuc, Mihai Şora)

Detalii: https://fondane.wordpress.com/

Contact media: Serviciul Presă al ICR, tel.: 031 71 00 622, e-mail: biroul.presa@icr.ro  

RESTITUTIO BENJAMIN FONDANE,

e-mail: palanciuc_sora@fondane.fr

Partener editorial: Editura Polirom

I enjoy the massacre of ads. This sentence will slaughter ads without a messy bloodbath.

■ Benjamin FONDANE – Réflexions sur le spectacle | 1929 ■

20 septembre 2009 § Poster un commentaire

Miliţa Petraşcu | Phedra |

Miliţa Pătraşcu | Phedra |

 

Réflexions sur le spectacle

| Fragments |

Le propre du civilisé serait-il seulement de posséder et donc de vouloir conserver, à tout prix, un patrimoine spirituel, et celui du barbare de ne rien posséder, ou de ne rien vouloir posséder, de refuser l’acquis, de ne point se sentir des liens qui seraient des obstacles à sa volonté, afin de faire naître de nouvelles formes de fortune, de créer des patrimoines nouveaux? La terminologie ordinaire veut bien appeler créateur celui qui possède et destructeur celui qui crée, car on ne crée que contre quelque chose et qu’en faisant table rase. En ce cas, il faut bien reconnaître que tout siècle qui précède une grande époque de culture est un siècle barbare, je veux dire un siècle d’activités multiples, sans col ni cravate, bien entendu, mais créateur par excellence de tous ces matériaux dont se servira le siècle suivant et qu’il fera siens avec tant d’affectation.

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■ Ces choses n’avaient ni commencement ni fin… ■

12 août 2009 § 3 Commentaires

Michal MACKU | Untitled |

Michal MACKU | Untitled |

 

Ces choses n’avaient ni commencement ni fin
cela ne finissait pas d’être
pas un trou, pas la moindre fissure
pas un visage lézardé!
les hommes se tenaient coude à coude, serrés,
comme pour empêcher qu’on y passe
pas une absence entre deux vagues
pas un ravin entre deux mots
pas un passage entre deux seins
lourds, gras,
et pourtant au travers de la muraille lisse
quelque chose suintait
l’écho ranci d’une fête étrange,
une sueur de musique,
les gouttes d’un sang frais qui caillait aussitôt
sur la peau morte du monde.
 

 

Image : Michal Macku, Untitled, Carbon print, No. 20 |30 x 35 cm.|

Texte : Benjamin Fondane, Au temps du poème, publié dans l’anthologie Le mal de fantômes, Édition établie par Pa­trice Beray et Michel Carassou avec la collaboration de Monique Jutrin, Liminaire d’Henri Meschonnic, Publié avec le concours du Centre National du Livre, Paris, Éditions Verdier, Collection « Poche », 2006, pp. 255.

Pour citer cet article:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/

Gratias agimus.

■ Marcel Janco | Portrait d’homme ■

11 août 2009 § 1 commentaire

Marcel IANCU | Portret de barbat | cca. 1922-1924

Marcel IANCU | Portret de barbat | cca. 1922-1924

 

Ce Portrait d’homme [Portret de bărbat] peint par Marcel Janco [Iancu] (1895-1984) se trouve à Bucarest, au Musée National d’Art de Roumanie [Muzeul Naţional de Artă al României], dans la galerie réservée à l’époque moderne.

Il s’agit d’une peinture à l’huile datée des années 1922-1924. Mis à part le nom de l’artiste et le titre, la légende collée à côté du tableau ne donne aucune autre indication.

Dans le catalogue des œuvres, on apprend que, le 17 mai 2004, cette toile a été classée « trésor [tezaur] du Musée », sous le numéro 2257 et le numéro d’inventaire: 8389 / 72867.

Une brève description du tableau, rédigée par « Maria Diana » [on ignore s’il s’agit d’un nom complet ou de deux prénoms féminins], accompagne la fiche :

Iancu se prevalează de trăsăturile specifice chipului acestui bărbat, amplificându-i nasul, deformându-i gura şi accentuându-i strabismul. Bărbatul pare un personaj de circ, un arlechin, pentru că Iancu l-a ilustrat cu un guler alb, rotund, cu trei nasturi negri în faţă. Fundalul prezintă o reţea de structuri geometrice al căror rol este de a face legătura cu volumele ascuţite ale feţei. Cromatica este vie, în care roşul, galbenul şi albastrul au o pondere egală.

Janco s’appuie sur les traits particuliers du visage de cet homme : forcit les traits du nez, déforme la bouche et accentue son strabisme. L’homme semble être un personnage de cirque, un arlequin, puisque Janco le peint avec un col blanc, ras du cou, trois boutons noirs devant. L’arrière-fond montre un entrelacs de structures géométriques dont le rôle est de faire le lien avec les volumes aigus du visage. Chromatique vive, dans laquelle le rouge, le jaune et le bleu sont à poids égal.

La salle 6 dans laquelle se trouve le tableau a un panneau en plein centre : il sert de mur d’exposition. De sorte que, lorsque l’on arrive, le tableau n’est pas immédiatement visible : on doit contourner le panneau.

Ce que nous avons fait. Comme tout visiteur normalement constitué.

C’est alors que le tableau surgît devant nous.

C’était Fondane.

 

Du moins, c’est ce que nous aimerions croire. Mais sans doute voyons-nous Fondane partout… Il se peut, il est même quasiment certain – à en croire la fille de Marcel Janco – qu’il s’agisse, en fait, du beau-frère de Janco, l’écrivain Jacques Costin, le frère aîné de Clara Goldschlager, que Marcel Janco épousa en deuxième noce (en 1930). Merci à Monsieur Radu Stern pour toutes ces précisions.

Ceci étant, il nous reste le dessin ci-dessous : daté, titré. Et le trouble – profond, vertigineux – que la ressemblance des deux œuvres provoqua en nous.

 

Luiza Palanciuc et Mihai Sora  

  

 
 

 

 

 

 

Marcel IANCU | Fundoianu | 1925

Marcel IANCU | Fundoianu | 1925

 

 

 

Pour citer cet article:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/
 
 
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■ Super abyssa sedimus ■

10 août 2009 § Poster un commentaire

 

 

 

Sorin VIERU | Vif instant

Sorin VIERU | Vif instant

 

 

 

 

C’est comme le vertige. Nous sommes assis au fond du vortex, et la pesanteur nous empêche d’y sauter, d’y tomber. Mais si tu sais renverser, tu ne pourras retenir la chute, comme qui est aspiré, au haut du haut, tombant dans l’abîme du dessus. Si nous étions capables de le voir, il nous aspirerait. Super abyssa sedimus – et cadimus

 

  • Image : Sorin Vieru, in Momentan, Editura Ara, Bucureşti, 1991 [couverture]. 
  • Texte : Michel Deguy, Le pronom, in Desolatio, Paris, Éditions Galilée, Collection « Lignes fictives », 2007, p. 95.
 
 
Pour citer cet article:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/

Gratias agimus.

 

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■ Benjamin et Lina | 1921 ■

10 août 2009 § Poster un commentaire

Benjamin et Lina | 1921 |

Benjamin et Lina | 1921 |

Cette photographie de Benjamin et de sa sœur aînée, Lina, a été prise, vraisemblablement, en 1921. Fondane a alors 23 ans, Lina – 26. Paul Daniel, le mari de la sœur cadette, Rodica, la publie dans la revue Manuscriptum (1976, 23/VII, nr. 2, p. 81), le trimestriel édité par le Musée de la Littérature roumaine (directeur fondateur : D. Panaitescu-Perpessicius).

 

Énigmatique (comme on dirait acrylique) : image menant à une réflexion sur le trajet de l’évanouissement. Amenuisement des traces, empreintes, visages: seule la lumière arrive à empoigner l’identité.

Ce sera l’absence qui vous ramènera à vous, à votre finitude. La trace ne fait qu’interroger le trait. Indétermination, puis vertige. Enfin, acceptation de la chute.

Il n’y a pas de trace sans le regard posé. Là, dans toute sa fragilité, dans le remous – histoire de ponts portés, de secrets émergés : survivance.

Luiza Palanciuc

 

 
Pour citer cet article:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/
 
Gratias agimus.
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■ In memoriam Geneviève Fondane ■

10 août 2009 § Poster un commentaire

Geneviève Fondane | 1904 - 1954 |

Geneviève Fondane | 1904 - 1954 |

 

Această fotografie a soţiei lui Benjamin Fondane – Geneviève, născută Tissier – a fost publicată pentru prima dată în Bulletin de la Société d’Études Benjamin Fondane (BSEBF), în toamna anului 1995. Este reprodusă pe ultima pagină a Buletinului, însoţită de următoarea notiţă explicativă:

La dernière photo de Geneviève Fondane, prise en 1949, peu avant son entrée au couvent de la Solitude. Nous remercions sa sœur, Jeanne Tissier, qui nous l’a offerte.

Mulţumiri Doamnei Monique Jutrin pentru generozitatea de care a dat dovadă atunci când ne-a trimis revistele.
 
Luiza Palanciuc şi Mihai Şora
Pentru a cita acest articol:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/

■ Correspondance Fondane-Maritain, page 169 ■

9 août 2009 § Poster un commentaire

| Correspondance Fondane - Maritain |

| Correspondance Fondane - Maritain |

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