Irina Mavrodin (1929-2012) – Poèmes | Traduction du roumain

24 mai 2012 § 4 Commentaires

© Blair Vaughn-Gruler

 

« Lire la suite »

EXPOSITION « Des noms sur des murs » | Paris, Mémorial de la Shoah | 27 mars – 16 septembre 2012

15 mai 2012 § Poster un commentaire

 

Exposition au Mémorial de la Shoah
du 27 mars au 16 septembre 2012

Des noms sur des murs. Les graffiti du camp de Drancy [1941-1944]

La cité de la Muette à Drancy fut le principal camp d’internement et de transit des Juifs de France de 1941 à 1944.

En 2001, elle a été protégée au titre des Monuments historiques en tant que «réalisation architecturale et urbanistique majeure du XXe siècle […] et en raison également de son utilisation durant la Seconde guerre mondiale […] qui en fait aujourd’hui un haut lieu de la mémoire nationale».

« Lire la suite »

Dan Sluşanschi – „Şcoala minţii ne-a ţinut mereu deschisă poarta sufletului“ | 2008

15 janvier 2012 § 2 Commentaires

.

© Luiza Palanciuc | Dan Sluşanschi : traces hors-piste | 2012

© Luiza Palanciuc | Dan Sluşanschi : traces hors-piste | 2012

.

Longtemps, nous sommes allés l’écouter comme si nous allions écouter l’oracle. Point de raideur, pour autant, ni ankylose d’esprit, ni injonctions scolaires. Mais une sagacité débonnaire, paternelle, quelquefois attendrie à nous voir – trois-quatre pèlerins, par un froid de canard, à huit heures du matin, dans cette salle obscure du troisième étage – désireux de peaufiner notre grec ou notre latin. Et nulle disjonction entre le geste de transmettre et celui d’ouvrir : les chemins du savoir, les passages du cœur, en une étreinte amoureuse. Aujourd’hui, toutes ces traces hors-piste nous manquent. Douloureusement.

Luiza Palanciuc

« Lire la suite »

IN MEMORIAM MARIANA ŞORA

19 décembre 2011 § 1 commentaire

Mariana Şora | 1917 – 2011 |

.

.

IN MEMORIAM MARIANA ŞORA

| Budapesta, 26 mai 1917 – München, 19 decembrie 2011 |

.

Ego scriptor

Mariana Şora, la ieşirea din timp

.

.

Mon cœur mis à nu. Sub această expresie ar putea sta întreaga operă a Marianei Şora: nu inima dezvăluită (aşa cum a fost trădat Baudelaire în limba română), ci sufletul în palmă. Căci există, în această operă, o generozitate funciară, pe care literele noastre (împovărate de vidul atâtor orgolioase credinţe în sine) nu o practică spontan şi destins, ori au îngropat-o de mult sub tribulaţii conjuncturale.

« Lire la suite »

Le silence de Toca – IN MEMORIAM Alexandru Tocilescu

30 novembre 2011 § 1 commentaire

Le silence de Toca

.

.

IN MEMORIAM ALEXANDRU TOCILESCU

| metteur en scène ■ 1946 – 2011 |

.

. « Lire la suite »

Luiza Palanciuc – Johnny Răducanu: Unfinished Work | 2011

10 octobre 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Johnny Răducanu: Unfinished Work | 2011

 

.

.

Johnny Răducanu s’est éteint le 19 septembre 2011. Trop tôt pour que le vœu que nous avions formulé ensemble – celui d’entendre sa composition pour Fondane – puisse être un jour exhaussé. De ce vœu, nous gardons, à présent, les manuscrits, les ébauches et un tas de souvenirs des mots échangés et réflexions menées sur la façon dont les textes de Fondane pourraient s’articuler en musique. Pour Johnny Răducanu, fin interprète lui-même et prodigieux improvisateur au piano et à la contrebasse, la composition devait prendre la forme d’un ensemble cyclique. Cela voulait dire être attentif aux incidences du mode d’énonciation musicale spécifique qu’est le jazz sur la construction du rapport texte-musique. Dans un système tonal, il fallait que la continuité musicale eût été fondée sur l’opposition tonique dominante, autrement dit sur une syntaxe «codée», due aux attentes créées par la dominante, aux mises en suspens de la résorption de la tension et à l’effet (d’accomplissement) que procure la tonique. Autant de contraintes formelles exigeant le respect de certaines «lois» dans la composition. Point d’irrégularité donc de la structure musicale, mais une tension constitutive de la relation texte-musique ou, en d’autres termes : une technique compositionnelle dans laquelle le texte viendrait répondre à une nécessité musicale. Texte et musique articulés sur le mode d’une relation cohérente, où les moyens d’être-en-présence que le texte et la musique pouvaient actualiser engendrent chez l’auditeur l’impression d’un lien consubstantiel : texte et musique avec un horizon référentiel commun.

.

 (à suivre)

.

.

.

Mircea Ivănescu – in memoriam

22 juillet 2011 § 3 Commentaires

.

.

.

©

  • Texte : Mircea Ivănescu (1931-2011), „Mopete şi ipostazele“, 1970
  • Traduction du roumain & image : Luiza Palanciuc

.

.

.

■ Mihai Eminescu sur l’abécédaire de Vasile Petri (1878) ■

15 juin 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Alphabet | 2011

Rappel de ce que furent, dans les années troubles de la Roumanie pré-moderne, les interventions dans la presse de Mihai Eminescu (1850-1889). Cette fois, sur l’abécédaire de Vasile Petri, dont Eminescu n’hésite pas à faire l’éloge et à souligner sa concordance avec les exigences de l’«écritologie» (apprentissage de la lecture par l’écriture). L’article est à considérer avec les précautions d’usage (pour éviter tout anachronisme et jugement de valeur a posteriori). Eminescu insiste sur la pratique pédagogique, fait la distinction entre les différentes orthographes en vigueur à l’époque et souligne les problèmes liés à la prononciation. Il plaide résolument pour l’unité orthographique de la langue roumaine et pour la séparation, ferme et sans ambigüités, de la science philologique, en tant que discipline abstraite, soumise à des lois générales, d’avec l’écriture proprement dite, laquelle «doit être facilement accessible au peuple entier».

Luiza Palanciuc

[en roumain]

MIHAI EMINESCU

NOU A-B-C-DAR ROMÂNESC DE VASILE PETRI

 

Sîbiiu, 1878, Tipografia lui Ios Drotleff & Comp., 1 vol. 8° — Preţul 25 cr. v. a.

Abcdarul d-lui Petri e compus amăsurat cu cererile pedagogiei moderne. Urmând principiile scriptologiei, adică a învăţării citirii prin scriere, el cuprinde o parte (întâia) numai cu litere de scrisoare. Învăţând de timpuriu a scrie, şi anume deodată cu cititul, şcolarii sunt de-a pururea activi şi, pe când învăţătorul (mai ales cel sătesc) se ocupă cu cei mai înaintaţi, cei începători se pot pune la scris. Alt folos al învăţării cititului scriind e că se face de prisos silabizarea şi se întroduce de sine insonarea.

« Lire la suite »

■ Ion Zubaşcu – in memoriam ■

30 mai 2011 § 2 Commentaires

© Luiza Palanciuc | in memoriam Ion Zubaşcu (1948-2011)

Ion Zubaşcu (1948-2011)

Chant Premier

| extrait traduit du roumain |

Je me trouve en perpétuel état de disponibilité. Durant des journées entières, devant mes enfants (au fait : j’aurais aimé avoir tous les enfants qu’un couple d’humains peut avoir dans une vie), je me glisse dans un rôle ou dans un autre, je me surprends commencer à jouer ce rôle, j’attrape au vol toutes sortes d’ondes, par je ne sais quelles antennes de cet appareil psychotronique que je suis.

J’ai appris tout seul à jouer de la plupart des instruments de musique, je m’en suis bricolé de nouveaux, sur lesquels j’ai fait exercer mes doigts de pied jusqu’à ce qu’ils soient aussi souples et mobiles que ceux des mains. J’ai ravivé le sens assoupi de mon odorat. Un été, pendant l’adolescence, je me suis retiré dans les montagnes de Tiblès et – avec quelques plantes et des fleurs sauvages aux parfums différents, pour chaque note musicale – je me suis faite une flûte de pan ; ainsi je courais dans les vallées, jouant de ma flûte, enivré par la musique des senteurs. Lorsque je suis redescendu à Dragomiresti, je ne supportais plus personne à mes côtés, pas même ma mère ou ma sœur Ileana.

« Lire la suite »

■ Mihai Şora despre Mircea Vulcănescu ■

12 mai 2011 § 2 Commentaires

.

■ Mihai Şora sur la dimension sacrificielle de Mircea Vulcănescu (1904-1952)

Extrait du film «Mircea Vulcanescu – l’homme devant l’Histoire»

Série «Des mondes et des hommes»

Réalisation: Luiza Palanciuc

© 2011

[en roumain]

Extrait du sous-titrage :

Il est bien évident qu’il n’avait pas cette conscience sacrificielle au jour le jour; se dire: «moi, je suis capable de me sacrifier». Mais, dans les circonstances données, il s’agissait, en effet, de la seule – ou, en tous les cas, de ce qui lui paraissait alors comme étant la seule – solution possible, et accomplie uniquement dans l’idée de sauver l’Autre. Car sitôt qu’intervient, dans un tel acte, la conscience de l’autosacrifice, cet acte est, par là même, faussé dans son intimité. Et ce n’était point le cas. Il s’agissait, au contraire, de quelque chose allant de soi et qui eut des conséquences fatales – à savoir, pratiquement, son sacrifice pour sauver la vie d’un autre.

Pourquoi cela se voit-il investi par la dimension de la sainteté ?

Parce que cela ne fut absolument pas fait avec une quelconque intention d’auto-sanctification. Mais avec la plus pure – comment dire ? – attention à autrui: spontanée, naturelle.

 
 
 
 
 
 .

■ Stéphane Lupasco despre Fondane ■

8 mars 2011 § 1 commentaire

Max Jacob (1876-1944)

Max Jacob (1876-1944)

  

 

Acum trei ani, în martie 1944, într-o cămăruţă aflată la capătul unui larg culoar al Prefecturii de Poliţie din Paris, cu mirosul ei greu şi caracteristic, sub ochii obosiţi ai unor tineri poliţişti aşezaţi pe băncile lor şi aşteptând, plictisiţi, să se întâmple ceva, mi-a fost dat să-l văd pe Fondane pentru ultima oară. Alături de sora lui, care fusese arestată în ajun împreună cu el – denunţaţi ca evrei autorităţilor franceze (ranchiună ori invidie din partea vreunui confrate?, căci duşmani nu se gândise niciodată că ar putea avea) –, l-am găsit consolând o tânără, pe care o dubă a poliţiei o culesese la ieşirea din liceu pentru a o trimite la Drancy, şi care plângea în hohote.

Îl văd şi acum, în picioare, atât de demn, de liniştit, în lumina mohorâtă a acelei după-amieze de sfârşit de iarnă, privindu-mă cu ochii lui de un albastru deschis, cu sclipiri ţâşnind din chipul brăzdat, cu acel indicibil surâs, deopotrivă tandru şi ironic, în faţa emoţiei mele, pe care de-abia mi-o puteam stăpâni.

« Lire la suite »

■ L’homme qui ne chavirait point ■

8 mars 2011 § Poster un commentaire

Alberto Giacometti | Homme qui chavire | 1950

Alberto Giacometti | Homme qui chavire | 1950

 
 
 
 
De la Justice et de l’Amour
est-ce la Force qui décide ?
Dans les balances que tu fis
une larme ne pèse-t-elle
plus lourd que toute la sagesse,
plus lourd que toutes les vertus ?

 

                  Benjamin Fondane 

 

 

 

Inspiration dans un temps où tout expire.  Poème. Il le crie (car on ne saurait dire qu’il l’écrit) ; il donne aux idées un second souffle – encre et mine de plomb. Au revers de ce linceul – une force rentrée, des rythmes dont on n’a plus l’usage ou le loisir, mais qui rappellent que le poème ne tient sur aucun sol, que des trous peuvent à chaque instant se former, emporter avec eux les fondations, les prosodies (ou les odes à la prose, pour parler comme Deguy), à l’instar des envolées mnémotechniques de telle grande épopée.

Il y a, chez Fondane, la mémoire même des effondrements : mince fil qui soutient cet homme au ras du gouffre. Comme dans la salle d’attente évoquée par Lupasco, où ce dernier va le retrouver, à la Préfecture française, le lendemain de l’arrestation. – Espace tranché et tranchant où se recroquevillent les ombres, vouées à la réclusion perpétuelle dans leur solitude et dans l’oubli de l’être.

Le condamné Fondane voyage à la verticale du monde, droit et sans détour, vers ces lieux où il n’y a jamais de repos : essoufflement de soi, ferveur, pulsation.

Et encore le poème : tel une exhalaison.

Le condamné Fondane ne chavire point.

 

 

 

  • Image : Alberto Giacometti (1901-1966), Homme qui chavire, 1950, Bronze, 60 x 14 x 32,5 cm., Kunsthaus Zürich.
  •  Texte : Luiza Palanciuc

 

 

 

 

 

■ 7 mars 1944 ■ IN MEMORIAM ■

7 mars 2011 Commentaires fermés sur ■ 7 mars 1944 ■ IN MEMORIAM ■

© Laurent Koller | The Black Fields | 2008

© Laurent Koller | The Black Fields | 2008

  

 

 

Deuil –

ce deuil

comme un hameçon au fond du palais.

Halte : l’immense

(sa demeure et ses creux),

l’œil ouvert devant l’espace du gong

âpre

qui flotte.

Ensuite

le reste du monde.

 

 

 

  • Image : Laurent Koller, The Black Fields, series n° 1, acrylic on canvas, 65 x 54 cm., 2008

Page de Laurent Koller sur Facebook 

  • Texte : Luiza Palanciuc

 

 

 

Où suis-je ?

Catégorie IN MEMORIAM sur INSTITUT FONDANE.