■ E. M. Cioran – fêlure ■

27 mai 2011 § Poster un commentaire

© Luiza Palanciuc | Cioran : fêlure | 2011

Tout à coup, je me trouvai seul devant… Je sentis, en cet après-midi de mon enfance, qu’un événement très grave venait de se produire. Ce fut mon premier éveil, le premier indice, le signe avant-coureur de la conscience. Jusqu’alors je n’avais été qu’un être. À partir de ce moment, j’étais plus et moins que cela. Chaque moi commence par une fêlure et une révélation.

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  • Texte : E. M. Cioran, De l’inconvénient d’être né (extrait), Paris, Éditions Gallimard, 1973, p. 245.
  • Image : Luiza Palanciuc, Cioran : fêlure, 2011.

■ Fondane et le «dieu malin» | extrait | 1940 ■

22 mai 2011 § 1 commentaire

© Ben Ali Ong | Refluent Hours |

…clin d’œil sur les plaisirs (et les embûches) de la traduction, cet extrait de l’œuvre philosophique de Fondane.

Si quelque dieu malin, comme Descartes en a supposé un pour les besoins de sa dialectique, se fût proposé, dans un dessein qui nous échappe, de contredire l’un après l’autre tous les fondements de notre pensée logique et, en ayant conçu un schème parfait, l’eût placé dans un être humain afin d’établir la preuve qu’une telle pensée peut être adéquate aux choses, et un tel être viable – il n’eût put imaginer un tel type plus idoine à réaliser ce plan que celui que la «nature» nous a offert d’elle-même, semble-t-il, en créant l’homme primitif.

Dacă vreun (dumne)zeu viclean, aşijderea celui pe care Descartes şi-l închipuise pentru nevoile dialecticii sale, şi-ar fi propus, în vederea unor ţeluri care nouă ne scapă, să contrazică, unul după altul, toate temeiurile gândirii noastre logice şi, concepând o schemă desăvârşită, ar fi aşezat-o într-o făptură omenească, pentru a dovedi că o asemenea gândire se potriveşte cu lucrurile şi poate fiinţa într-o făptură, – n-ar fi izbutit să imagineze un tip mai potrivit să ducă la îndeplinire un atare plan, decât acela pe care „natura“ ni-l oferise, cu de la sine putere după cât se pare, creând omul primitiv.

  • Image : © Ben Ali Ong, Refluent Hours 4, 5, 6, triptych, 100×70 cm. each, United Galleries, Australian Contemporary Artwork.
  • Texte : Benjamin Fondane, extrait de l’article «Lévy-Bruhl et la métaphysique de la connaissance», paru dans la Revue philosophique de la France et de l’étranger, Paris, Alcan/Presses Universitaires de France, CXXXIX, janvier-juin 1940, p. 312 (sixième partie).
  • Traduction en roumain : Luiza Palanciuc & Mihai Şora (à paraître).
Pour citer cet article:
Gratias agimus.

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