Irina Mavrodin (1929-2012) – Poèmes | Traduction du roumain

24 mai 2012 § 4 Commentaires

© Blair Vaughn-Gruler

 

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Tristan Tzara – Înserează | Soir tombant | fac-similé et traduction du roumain | 1913

1 mars 2012 § 1 commentaire

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Soir tombant
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Virgil Mazilescu – „patru fără un sfert“ | «quatre heures moins le quart» | posthume

23 février 2012 § 1 commentaire

 

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Virgil Mazilescu | 1942-1984 |

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Eugen Suciu – Bucuria anonimatului | 1979 | Traduction du roumain

9 janvier 2012 § Poster un commentaire

© Eugen Suciu par Orbán Anna-Mária | 2011

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LES CELLIERS OÙ L’ON RÉINVENTE

Recommencer
ce que jamais tu n’as pu commencer
entendre
la solitude gicler
le baiser jeter une passerelle
pour le chagrin
pollen éparpillé des cristaux
entendre les molosses
grandir tout à coup
– libérés de ces lettres menues
en bas de la page lorsque tu
voulais juste y inscrire l’année et le jour
caresser le poème
comme le crâne de ta bien-aimée
quand tu lui racontes
le voyage au pays de l’humilité
à bout de forces
oublier un instant ce que tu disais
sentir tes artères vides
tels les celliers où l’on réinvente
l’étrange créature – le cri

sentir
qu’il suffirait d’un seul papillon
pour t’effondrer

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© Mircia Dumitrescu | photo : Orbán Anna-Mária

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Ion Mureşan – L’espoir | 2010 | traduction du roumain

17 septembre 2011 § 1 commentaire

© Mircia Dumitrescu

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Mircea Ivănescu – in memoriam

22 juillet 2011 § 3 Commentaires

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  • Texte : Mircea Ivănescu (1931-2011), „Mopete şi ipostazele“, 1970
  • Traduction du roumain & image : Luiza Palanciuc

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■ Ion Zubaşcu – in memoriam ■

30 mai 2011 § 2 Commentaires

© Luiza Palanciuc | in memoriam Ion Zubaşcu (1948-2011)

Ion Zubaşcu (1948-2011)

Chant Premier

| extrait traduit du roumain |

Je me trouve en perpétuel état de disponibilité. Durant des journées entières, devant mes enfants (au fait : j’aurais aimé avoir tous les enfants qu’un couple d’humains peut avoir dans une vie), je me glisse dans un rôle ou dans un autre, je me surprends commencer à jouer ce rôle, j’attrape au vol toutes sortes d’ondes, par je ne sais quelles antennes de cet appareil psychotronique que je suis.

J’ai appris tout seul à jouer de la plupart des instruments de musique, je m’en suis bricolé de nouveaux, sur lesquels j’ai fait exercer mes doigts de pied jusqu’à ce qu’ils soient aussi souples et mobiles que ceux des mains. J’ai ravivé le sens assoupi de mon odorat. Un été, pendant l’adolescence, je me suis retiré dans les montagnes de Tiblès et – avec quelques plantes et des fleurs sauvages aux parfums différents, pour chaque note musicale – je me suis faite une flûte de pan ; ainsi je courais dans les vallées, jouant de ma flûte, enivré par la musique des senteurs. Lorsque je suis redescendu à Dragomiresti, je ne supportais plus personne à mes côtés, pas même ma mère ou ma sœur Ileana.

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■ B. Fundoianu – Femme radieuse | 1917 (traduction du roumain) ■

2 avril 2011 § Poster un commentaire

M.H. Maxy | Nu | 1924



Femme radieuse

 

 

Femme radieuse comme les plaines en automne,

donne-moi ton cou, tendre nid d’oiseaux bleus,

tes mains plus pures que les pierres des rivières –

femme à l’esprit voyageur comme l’infime pollen,

à la chair plus juteuse que toute pensée.

 

 

Femme, terre sombre, je t’aime, te désire,

je te veux, comme je veux, ô femme, la bonne terre noire,

la terre fraîche qui reçut autrefois les miens,

la terre vive où bien vive est ma mission,

la terre où je veux m’endormir à jamais.

 

 

Et, malgré ceux qui sèment au désert sable et feu,

je veux – l’ombre à la ceinture, le soleil dans le dos –

offrir au grain toute la lumière, un peu d’eau ;

je veux labourer, semer, faucher, broyer avec rage

cette terre, la matrice donnée le jour premier,

où m’attend, comme dans un miroir, mon visage.

 

1917

 

 

 

 

Texte : B. Fundoianu –  „Femeie luminoasă“, dans le recueil Privelişti. Poeme, 1917-1923, Avec un portrait inédit de Constantin Brancusi, Bucureşti, Editura Cultura Naţională, 1930, 107 p. in 8°.

Traduction du roumain par Luiza Palanciuc.

 

Image : M.H. Maxy (1895-1971) – Nu, huile sur carton, 47 x 64 cm., 1924, Musée National d’Art de Roumanie.

 

 

 

Pour citer cet article:

Restitutio Benjamin Fondane – https://fondane.wordpress.com/

Gratias agimus.

 

 

 

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■ Mircea Ivănescu – Mort-retrouvailles | 1968 ■

26 mars 2011 § 3 Commentaires

  

Mangelos (dit) | La mort | 1962

 

 

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en vérité ce n’est pas vrai. la mort

n’a jamais fait personne retrouver personne – la mort est une houle élancée 

qui t’attrape les yeux fermés – et te berce –

et au début paraît un sommeil, et puis un oubli –

et puis le temps perd toute trace de sens,

il n’est que silence qui revient sur lui-même

avec un écho, l’unique écho – et celui-ci est un halo

tel la flamme du cierge – et puis la lumière

perd toute trace de sens – et puis le silence

laisse tomber le sens – pendu

à ce qui n’a plus aucun sens – et puis plus rien, pas

même un sens décharné, flottement dans le rien,

bouche-à-bouche avec le squelette du non-être,

rien de rien, puis il n’y a plus de puis,

plus d’aujourd’hui, et plus de mort.

 

non plus.

 

 

  • Texte : Mircea Ivănescu (n. 26 mars 1931) – Mort-retrouvailles, Traduction du roumain par Luiza Palanciuc („Despre moartea ca revedere“ (frg.), dans le recueil Versuri, Editura pentru Literatură, 1968).
  • Image : Mangelos (dit), Basicevic Dimitrije (1921-1987) – La mort, Gouache sur page de livre en papier glacé, 0,203 x 0,208 m., 1962, Paris, Musée national d’Art moderne – Centre Georges Pompidou.

 

 

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Pour citer cet article:

Restitutio Benjamin Fondane – www.fondane.net

Gratias agimus.

 

 

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■ Mariana Marin – Combat avec l’utopie ■

9 février 2011 § Poster un commentaire

Mariana Marin | 1956 – 2003 |

 

 

Combat avec l’utopie

à l’orée de la nuit.

Mais comment refaire dans une cave

la vie des grandes littératures ?

Combat perdu.

La bêtise a le même goût

dans toutes les langues.

Et si à présent lentement tu effleurais mes yeux

tu toucherais le glacé du métal

par lequel dorénavant je guetterai la vie.

Ici même où notre jeunesse

ne cesse d’être le souvenir enfoui des parents

de leur propre jeunesse.

Mes cheveux étaient déjà blancs

quand furtivement ils glissaient sous nos oreillers

la chance qui jamais

n’allait nous sourire –

 

Combat à l’orée de la nuit.

 

Chiffon, notre jeunesse,

tout bon à décrasser

les armes pointées sur nous. 

 

 

 

© Image : (apud) Tudor Jebeleanu (photographie, cca. 1981-82).

© Texte : Mariana Marin (1956 – 2003), „Lupta cu utopia“, Mutilarea artistului la tinereţe, Bucureşti, Muzeul Literaturii Române, 1999, p. 51.

© Traduction du roumain : Luiza Palanciuc.

 

 

 

 

 

 

■ Luiza PALANCIUC sur le volume Privelişti | 1930 ■

10 août 2009 § Poster un commentaire

   Envues

 

Littéralement, le nom féminin roumain privelişte (pluriel privelişti) renvoie au champ sémantique de la perception visuelle. L’étymologie du mot en dit long sur la portée de la vision et de la spatialité: priveală (nom féminin sorti de l’usage courant, pl. priveli) – équivalent, à la fois, du regard et de l’action proprement dite (regarder), suivi du suffixe –işte. Par ailleurs, la locution adverbiale «în privelişte» signifie, explicitement, au vu de tout le monde, en public.

Il y a donc bien, chez Fundoianu, plus qu’un (simple) «paysage», lequel évacue cette corrélation de la vue et de la perspective spatiale. Car, dès son titre, Fundoianu plonge le lecteur dans l’univers visuel, avec une multiplicité d’issues, où l’œil se meut, couvrant et découvrant les figures et les lieux. Marges, vides, horizons, prairies, interstices, êtres vivants: par le regard, à travers le regard, comme si Fundoianu avait souhaité se donner du jeu et, ainsi, de l’espace. Une liberté que l’on conquiert lorsque l’on fixe le regard sur ce qui bouge, ce qui paraît, disparaît ou se fige. Cette omnipotence de la vue revient sans cesse dans le recueil; elle est souvent associée à des termes de mouvement: tomber, voler et s’envoler, s’échapper, saut, bond, fuite etc. Les occurrences de la vision sont nombreuses, et le regard devient, du coup, la possibilité de l’événement et, quelquefois, l’articulation d’un paysage, au sens propre du mot, quand la motricité se libère de toute motion.

L’expérience de vision accomplie par Fundoianu dans Privelişti oblige le lecteur à intérioriser une optique: il faut pouvoir multiplier tous les angles de vue potentiels sur un même objet, dans une sorte de rotation mentale, qui suppose des contours, des profondeurs et leur chorégraphie imagée. Une motilité même dans les instants où le tableau semble immobile. Vue donnant le branle au regard, pur élan et attardement à reconstruire au moment de la lecture. Tous les poèmes de Privelişti percent les espaces, dans un jeu des articulations, des mots placés pour arranger et déranger le visible, où les corps, comme les lieux sortent de leur finitude, irréels presque, à force d’être possibles.

Rivières de regards, l’air libre et la lumière: envues.

Luiza Palanciuc

| Peyresq, août 2007 |

 

| Ce texte a été diffusé à Peyresq, en août 2007, parmi les chercheurs présents lors des rencontres annuelles de la Société dÉtudes Benjamin Fondane. Il accompagnait la traduction en français de quelques poèmes choisis du recueil Privelişti, ainsi que de sa préface, écrite par Fundoianu à Paris, en 1929. Dominique Guedj en fit la lecture publique. |

 
 
Pour citer cet article:
Restitutio Benjamin Fondane https://fondane.wordpress.com/

Gratias agimus.

I enjoy the massacre of ads. This sentence will slaughter ads without a messy bloodbath.
 
 

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